Peut-on renégocier son prêt immobilier plusieurs fois ?

Avec des taux de prêt immobilier qui n’en finissent pas de baisser depuis maintenant près de 3 ans, des emprunteurs toujours plus nombreux se retrouvent en situation de renégocier leur crédit immobilier une deuxième, voire une troisième fois ! Qu’en est-il en ce qui vous concerne ?

Depuis le début de l’année 2016, nous sommes de plus en plus souvent contactés par d’anciens clients que nous avions accompagnés lors d’une renégociation de prêt en 2014 ou en 2015 : ils s’aperçoivent en effet que le taux que nous leur avions obtenu à l’époque et qui leur paraissait très avantageux est en fait assez élevé par rapport à ce que proposent aujourd’hui nos partenaires bancaires.

Une idée leur vient donc tout naturellement : et si on recommençait ?

Pas de limite au nombre de renégociations de taux

De fait, rien ne l’empêche : même après renégociation, un crédit immobilier reste un crédit immobilier. Il est donc possible de le rembourser à tout moment, y compris en contractant un autre crédit immobilier à un taux plus intéressant.

Donc en théorie, sur un marché où les taux immobiliers baissent régulièrement, un emprunteur doit pouvoir faire des rachats de prêt successifs à des taux toujours plus bas. La grande majorité des prêts immobiliers distribués en France étant actuellement à taux fixe, il lui suffira de s’arrêter lorsque les taux commenceront à remonter, et il bénéficiera ensuite d’un excellent taux pour toute la durée restante de son crédit.

Quelques restrictions quand même...

Dit comme cela, cette solution semble la panacée. Attention toutefois, une renégociation de crédit a un coût non-négligeable, qui peut fortement diminuer son intérêt.

En effet, lors d’un rachat, l’emprunteur devra s’acquitter :

  • Des pénalités de remboursement anticipé. Vous les avez peut-être négociées à la souscription de votre crédit mais lisez bien les conditions particulières de votre contrat : généralement, l’exonération que vous avez obtenue ne s’applique pas en cas de renégociation, et vous devrez quand même les payer. Elles se monteront alors à 6 mois d’intérêts (dans la limite de 3% du capital restant dû).
  • Des frais de garantie. Une sûreté réelle (hypothèque ou IPPD) peut éventuellement être transférée d’un créancier à un autre, ce qui peut vous éviter des frais de garantie au moment de la renégociation. Mais si votre prêt est garanti par une caution mutuelle (Crédit Logement, SACCEF, mutuelle de fonctionnaire, etc.), vous devrez en prendre une nouvelle pour votre nouveau prêt. Là aussi, le coût est tout sauf négligeable.
  • Des frais de dossiers. Immanquablement, vous aurez quelques centaines d’euros de frais de dossier à régler à votre nouvelle banque.

Alors, dois-je me lancer ?

La réponse est... faîtes le calcul ! Contrairement à ce qu’on entend et lit souvent, il n’y a pas de règle absolue en la matière. Tout dépend du capital restant dû de votre prêt, du niveau des frais, de la durée restante... Même une baisse de taux assez faible peut vous faire réaliser de belles économies. Comme, à l’inverse, une baisse en apparence importante pourra n’avoir qu’un impact financier limité.

C’est pourquoi nous mettons à votre disposition une calculatrice de rachat de crédit. Il vous suffit de décrire votre prêt actuel et vous saurez en quelques clics si une renégociation peut être intéressante dans votre cas. Par la suite, vous pourrez faire une demande de renégociation en ligne. Un conseiller financier spécialisé sera alors à votre disposition pour vous accompagner dans toutes vos démarches.

Un exemple chiffré

Cela dit, étant donnée l’évolution du marché des taux immobiliers, si vous avez emprunté au cours des dernières années et que votre situation financière ne s’est pas trop dégradée, il y a de fortes chances qu’une renégociation soit judicieuse. Prenons l’exemple d’un ménage qui a emprunté 250 000€ sur 25 ans en janvier 2014, au taux de 3,85%. Sa mensualité était alors de 1 298,97€/mois, pour un coût total prévisionnel du crédit de 139 693€.

Un an plus tard seulement, en janvier 2015, elle renégocie son prêt au taux de 2,70% pour les 24 ans restants. Il lui reste alors 243 931€ à rembourser, auxquels s’ajoutent 4 696€ de pénalités et 500€ de frais de dossier. La nouvelle mensualité est donc de 1 176,29€/mois, et le nouveau coût total prévisionnel de 99 164€. Bien sûr, il a fallu régler environ 2 800€ de frais de garantie, mais l’économie globale a été considérable (autour de 38 000€). Sans parler d’un pouvoir d’achat en nette hausse grâce à une mensualité plus basse d’environ 120€.

Mais depuis, les taux n’ont pas cessé de baisser... Et aujourd’hui, en juillet 2016, pour les 23 ans et 6 mois de remboursement qu’il lui reste, notre ménage peut obtenir un taux de 1,80% ! Le calcul est le même : le capital restant dû s’élève à 237 829€, plus 3 211€ de pénalités, plus 500€ de frais de dossier. La nouvelle mensualité est de 1 051,05€/mois et le nouveau coût total du crédit de 74 249€. Là encore, il faut compter avec environ 2 700€ de frais de garantie, mais ils sont largement compensés par le gain global.

Pour résumer, tous frais confondus, notre ménage aura économisé près de 60 000€ et diminué sa mensualité de près de 250€/mois.

Par Xavier Laneurie

© 2016 Source CyberPrêt.com

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