Assurance de prêt immobilier : comment bien la choisir

L'assurance emprunteur rembourse tout ou partie de votre prêt si vous ne pouvez plus le faire : décès, invalidité, arrêt de travail. C'est souvent le deuxième coût du crédit après les intérêts, et vous n'êtes pas obligé de prendre celle de votre banque.

Les garanties, et ce qu'elles couvrent

La banque indique les garanties qu'elle exige dans une fiche personnalisée. Les définitions précises (taux d'invalidité, franchise, exclusions) varient d'un contrat à l'autre : c'est là que se jouent les vraies différences.

  • Décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA)

    Le socle, exigé par toutes les banques : l'assureur rembourse le capital restant dû, à hauteur de la part assurée.

  • Invalidité permanente totale (IPT)

    Vous ne pouvez plus exercer d'activité. Le seuil est fixé par le contrat, le plus souvent un taux d'invalidité de 66 %.

  • Invalidité permanente partielle (IPP)

    Une invalidité moins lourde, souvent entre 33 et 66 % : prise en charge partielle, selon le contrat.

  • Incapacité temporaire totale de travail (ITT)

    Un arrêt de travail : l'assureur prend le relais des mensualités après une franchise, souvent de 90 jours.

  • Maladies non objectivables (dos, psychique)

    Souvent exclues ou limitées (hospitalisation exigée) : un point à vérifier ligne à ligne.

  • Perte d'emploi

    Facultative et rarement exigée. Elle couvre une partie des mensualités en cas de licenciement, avec des délais et des plafonds.

Choisir son assurance, étape par étape

  1. Récupérez la fiche standardisée d'information que la banque doit vous remettre : elle liste les garanties minimales exigées (au plus 11 critères, plus 4 pour la perte d'emploi).
  2. Comparez les contrats à garanties équivalentes, sur leur coût total en euros sur la durée du prêt, pas seulement sur leur taux.
  3. Lisez les points qui font la différence : définition de l'arrêt de travail (votre métier ou toute activité), franchise, prise en charge forfaitaire ou indemnitaire, exclusions (dos, psychique, sports, voyages).
  4. Présentez le contrat choisi à la banque : elle ne peut pas le refuser s'il respecte ses critères, ni changer pour cela le taux de votre prêt. Elle ne vous fait son offre de prêt qu'une fois l'assurance acceptée.

Si vous empruntez à deux, la répartition de l'assurance (les quotités) compte autant que le prix. Elle reste en principe la même pendant tout le prêt, même si vous changez d'assureur. Comparez les options avec notre calculatrice des quotités.

Avec un problème de santé

Jusqu'à 200 000 € assurés par personne, en comptant vos autres prêts immobiliers assurés en cours, et un prêt qui se termine avant vos 60 ans, aucun questionnaire de santé ne peut vous être demandé. Au-delà, votre demande relève automatiquement de la convention AERAS si votre santé présente un risque aggravé : elle peut aboutir à une acceptation, à une surprime ou à des exclusions. Le droit à l'oubli vous dispense de déclarer un cancer ou une hépatite C 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, si le contrat d'assurance se termine avant vos 71 ans.

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Vos questions sur l'assurance emprunteur

L'assurance emprunteur est-elle obligatoire ?

Aucune loi ne l'impose, mais la banque peut l'exiger pour accorder un prêt immobilier, et elle le fait presque toujours. C'est elle qui fixe les garanties minimales attendues, dans une fiche personnalisée remise avec sa proposition.

Peut-on prendre une autre assurance que celle de la banque ?

Oui. Vous pouvez choisir le contrat d'un autre assureur, à condition qu'il présente un niveau de garanties équivalent à celui exigé par la banque. Celle-ci ne peut pas le refuser s'il respecte ses critères, ni modifier pour cela le taux de votre prêt. Vous pouvez aussi changer d'assurance à tout moment après la signature.

Faut-il remplir un questionnaire de santé ?

Non si la part assurée de l'ensemble de vos prêts immobiliers (en cours et nouveau) ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le prêt se termine avant vos 60 ans : l'assureur ne peut alors exiger ni questionnaire ni examen médical. Au-delà, le questionnaire est à remplir en toute bonne foi : une fausse déclaration intentionnelle peut faire perdre la couverture.

Qu'est-ce que le droit à l'oubli ?

Après un cancer ou une hépatite C, vous n'avez plus à le déclarer 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, en l'absence de rechute, si votre contrat d'assurance se termine avant vos 71 ans. Pour les autres risques de santé aggravés, la convention AERAS s'applique automatiquement à votre demande et prévoit un examen approfondi de votre dossier.

Vaut-il mieux une assurance calculée sur le capital initial ou sur le capital restant dû ?

Sur le capital initial, la cotisation est la même chaque mois. Sur le capital restant dû, elle est plus élevée au début et baisse ensuite. Aucune n'est moins chère par principe : comparez le coût total en euros sur la durée du prêt, que la notice doit indiquer, et pensez qu'avec un changement d'assurance probable en cours de prêt, ce sont les premières années qui comptent le plus.

Comment répartir l'assurance quand on emprunte à deux ?

Chaque emprunteur choisit une part assurée, appelée quotité, entre 0 et 100 %. Les banques demandent en général que le total atteigne au moins 100 %. À 100 % chacun, le prêt est entièrement remboursé si l'un des deux décède. À 50/50, le survivant continue de payer la moitié. Notre calculatrice des quotités compare le coût et la protection de chaque répartition.

L'assurance compte-t-elle dans le taux d'endettement ?

Oui. La règle des 35 % de revenus s'applique aux mensualités assurance comprise. Une assurance moins chère peut donc aussi vous permettre d'emprunter un peu plus.

Christophe Probst

Page rédigée par

Christophe Probst

Responsable commercial chez Cyberprêt depuis 2010

Christophe relève chaque semaine les taux immobiliers proposés par les banques. Il est aussi le référent pédagogique de Courtage Academy, le centre de formation des courtiers de Cyberprêt.

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