La baisse des taux de prêt immobilier va-t-elle relancer l'immobilier ?

L’année dernière, la hausse importante des taux de prêt immobilier était un des facteurs du fort ralentissement de l’activité immobilière. Mais depuis novembre ces taux baissent, ce qui permet d’envisager plus sereinement l’avenir du marché immobilier.

Le bilan de l’année 2008 montre un net recul du marché immobilier. L’augmentation des prix de l’immobilier depuis 10 ans, la hausse importante des taux de prêt immobilier et la crise financière ont, entre autres, causé la chute des ventes de logements neufs (-38% par rapport à 2007) et anciens (-25% de septembre 2007 à septembre 2008 selon les Notaires de France). Le nombre de mises en chantier a chuté de 18% sur un an et les permis de construire déposés ont reculé de 17%. Pourtant, les dirigeants du secteur ne se montrent pas alarmistes car la récente baisse des taux de prêt immobilier et les mesures de relance du gouvernement permettent d’entrevoir une sortie de crise de l’immobilier. En effet, depuis novembre, les taux baissent. Ils s’affichent désormais autour des 4,50% et la baisse devrait se poursuivre.

Logements neufs : un frémissement du marché

Interviewé sur la radio économique BFM, Alain Dinin, le président-directeur général de Nexity (le premier promoteur immobilier français) est optimiste quant à une reprise du marché. Il constate « depuis deux mois, entre autres grâce à la baisse des taux et aussi aux mesures gouvernementales (sur le prêt à taux zéro, et sur la loi sur l’investissement locatif) une remontée des ventes ». Ainsi la baisse notable des taux de crédit immobilier « a fait baisser le prix des mensualités [des prêts immobiliers, ndlr] du client de l’ordre de 6 à 7% ». Quant au plan de relance, Alain Dinin estime que « le gouvernement a fait ce qu’il fallait. Le doublement du prêt à taux zéro a vraiment "resolvabilisé" tout une partie de la clientèle et l’amortissement Scellier-Carrez […] incite un certain nombre de clients à se dire que l’immobilier est beaucoup moins volatile que la bourse ».
La Fédération des Promoteurs-Constructeurs a elle aussi constaté ce frémissement du marché qu’elle attribue à « l’effet conjugué de la baisse des taux d’intérêt et des premières mesures du plan de relance ».

Les Français comptent bien profiter de cette baisse des taux et des dispositions consenties par l’Etat pour améliorer leur pouvoir d’achat : d’où le frémissement du marché immobilier depuis janvier. Un sondage TNS Sofres sur les intentions d’achat immobilier des Français à la mi-janvier a été publié par Nexity. Il indique que « 11% des personnes interrogées disent avoir l’intention d’acquérir un logement ou un bien immobilier au cours des douze prochains mois » contre seulement « 8 % en janvier 2008 ». C’est une augmentation de plus de 30% des intentions d’acheter un bien immobilier neuf ou ancien.

Immobilier ancien : un marché favorable aux acquéreurs ?

Du côté des logements anciens, on ne se montre pas très alarmiste non plus. Le président de la FNAIM, René Pallincourt, aperçoit une sortie de crise de l’immobilier grâce à la baisse simultanée des prix et des taux de prêt immobilier. Un retournement de marché puisqu’en 2008 ce sont les vendeurs qui étaient en bonne position. Aujourd’hui il semblerait que l’investissement locatif se fasse la part belle. En plus de bénéficier de la baisse des prix et des taux, les investisseurs profitent d’un renforcement de la demande locative qui pousse les loyers à la hausse. En effet, il y a quelques mois de nombreux ménages remettaient à plus tard leur achat car les taux et les prix étaient trop élevés. Aujourd’hui, ils repoussent leur achat car ils espèrent que les prix continueront à baisser. Ils restent donc locataires et les loyers grimpent.

Tous les protagonistes de l’immobilier entrevoient une sortie de crise grâce, notamment, à la baisse des taux. La conjoncture difficile du deuxième semestre 2008 a retardé les projets immobiliers de nombreux ménages : ils ont besoin d’acheter. Le gouvernement tente d’apporter son soutien à l’accession à la propriété et au BTP grâce à des mesures fiscales et financières. Le coût du crédit immobilier est favorable. En fait il semblerait que le dernier frein à la relance totale du marché reste l’inquiétude et l’attentisme d’une part de la population face à la baisse de son pouvoir d’achat et l’environnement économique mondial incertain.

Le 25 Février 2009
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