Fin 2010, les taux de crédit immobilier avaient crevé le plancher pour une raison financière bien simple : le taux de rendement des obligations d’état françaises (OAT 10 ans) était alors à son plus bas niveau d’après-guerre. Ces placements très sûrs, puisque garantis par l’État, présentaient en effet une forte attractivité du fait des incertitudes sur les marchés boursiers.
Par la suite, le taux de l’OAT 10 ans est reparti à la hausse fin 2010, entraînant avec lui les taux immobiliers. Mais à la mi-avril l’OAT 10 ans s’est stabilisée puis a entamé une baisse très régulière, qui s’est fortement accélérée au cours des 2 dernières semaines : de 3,80% le 11 avril, l’indice est passé à 3,22% le 29 juillet, pour atteindre 2,92% au 15 août.
Les raisons d’une baisse aussi spectaculaire sont encore une fois à chercher dans le climat financier actuel. L’effondrement des places boursières mondiales (-16% en 3 semaines pour le CAC 40) et les incertitudes sur la dette américaine (dégradation de sa note de AAA à AA+ par Standard & Poor’s le 5 août) ont accentué l’aspect « valeur refuge » des obligations d’état allemandes et françaises.
Or ces taux de rendement servent de base aux banques pour calculer les taux fixes qu’elles proposent. Des rendements d’OAT bas signifient donc des taux de prêt immobilier également bas.
La baisse des OAT 10 ans est suffisamment nette depuis suffisamment longtemps pour que les banques la répercutent dans les semaines qui viennent. On devrait donc retrouver des conditions de crédit très favorables dès la rentrée.
Cette tendance à moyen terme, combinée à d’autres facteurs, laisse supposer un très probable maintien de la hausse des prix immobiliers. Tout d’abord, la pénurie de logements neufs devrait s’accentuer en 2011, tirant les prix vers le haut. Les promoteurs prévoient moins de 100 000 ventes en 2011 (contre 115 000 en 2010). Ensuite, le PTZ Plus a contribué à diminuer le coût du crédit, ce qui s’est traduit par la remontée des prix immobilier, surtout dans le neuf.
Combinés à une probable baisse des taux, ces deux phénomènes devraient empêcher toute baisse des prix de l’immobilier à moyen terme et confirmer le statut de valeur refuge de la pierre.
Mercredi 17 Août 2011
© 2011 Source Cyberpret.com
Pour Steph :
Nous vous confirmons avoir reçu depuis la rédaction de cet article des baisses de taux de certains établissements pouvant aller jusqu'à 0.30% mais pour des établissements qui n'étaient pas forcément les meilleurs en terme de taux donc notre indicateur des meilleurs taux pratiqués n'a pas varié.
les faits sont là, les banques connaissent une nouvelle période de doutes, l'OAT n'est effectivement pas le seul facteur pris en compte en matière de politique de taux mais certains groupes bancaires ne jurent que par lui ...
d'ailleurs les faits donnent raison aux analystes de cyberpret ( dont je précise etre totalement indépendant) puisque plusieurs banques viennent de baisser leur taux ( -0.30% pour l'une d'elles)
Bonjour,
Malgré le manque de logement neuf que vous citez, Le Monde titrait il y a quelque jour sur une baisse de la vente de ces logements.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/30/forte-chute-des-ventes-de-logements-neufs-au-2e-trimestre_1565133_3234.html
Ne peut-on pas y voir l'atteinte des limites de l'augmentation des prix? Ce qui n'impliquerai pas une baisse, mais tout du moins une non-hausse des prix dans les années à venir?
Bravo Bulltrap !
Je ne crois pas non plus à une baisse des taux : L'OAT10 baisse depuis avrill 2011 et alors les emprunteurs particuliers en ont-ils profité ? Non. Pire, on nous annonce une hausse des taux à cause des dettes publiques.
Cyberpret aimerait offrir de meilleurs taux d'emprunt à ces clients , c'est louable mais loin d'etre la réalité ...
De plus si toute les fins d'années se ressemblent alors autant attendre fin 2012 ou 2013 ou encore 2014 ... !
En réponse à Bulltrap, notre analyse se porte sur 2 facteurs.
Les OAT 10 ans ont baissé de 0.90% depuis le mois d'avril 2011 alors que les taux de prêt immobilier sont stables depuis cette date. A moins d'une remontée importante d'ici la rentrée, il serait étonnant que les emprunteurs ne bénéficient pas d'une baisse.
En ce qui concerne les prix, depuis plusieurs années les analystes et professionnels de l'immobilier font part d'un besoin de construction de 500 000 logements par an pour rééquilibrer l'offre et la demande. Avec moins de 100 000 nouveaux logements prévus cette année, il n'y a malheureusement pas de raison que les prix baissent ou que la bulle se dégonfle.
Cyberprêt, vous prenez vos désirs pour des réalités en annonçant une possible baisse des taux à la rentrée, sous couvert d'une baisse de l'OAT. Rien n'est moins sur, tout d'abord parce que les banques, contrairement à ce qui est annoncé partout comme une vérité absolue, sont loin de ne prendre que l'OAT pour décider des taux qu'elles vont proposer à leurs clients. D'autre part, elles ne sont pas actuellement en position de lâcher du lest, tant elles ont plus que jamais besoin de consolider leurs marges, et parce que M. Noyer leur a clairement dit les risques qu'il y avait sur l'immobilier en France, à cause de la bulle qui s'est créée. Dire aujourd'hui que l'immobilier a (encore) le statut de valeur refuge me semble un peu osé, alors que l'on est peut-être au début d'une phase de retournement du marché, comme les derniers chiffres le laissent voir. Alors, franchement, Mrs de Cyberprêt, un peu de retenue dans vos propos ne nuirait pas à votre crédibilité !
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