Le raisonnement est imparable : Standard & Poor’s ayant dégradé la note de la France, le taux de rendement de la dette française va augmenter, suivi par les taux de prêt immobilier. Rien ne semble pouvoir venir contrarier ce déroulement, que des experts nous annoncent comme inéluctable. Et pourtant...
La hausse des taux d’emprunt d’état français a déjà été anticipée
Jusqu’à la semaine dernière, l’Allemagne et la France bénéficiaient toutes deux d’un triple A. Pourtant, les deux pays n’empruntaient pas aux mêmes conditions.
Avant l’automne 2011, un écart d’environ 0,5 point séparait les taux allemands et français, toujours en faveur de l’indice d’outre-Rhin. Toutefois, les courbes évoluaient de la même façon, à la hausse comme à la baisse.
Mais en octobre, la situation a changé : l’écart entre les indices s’est installé durablement au-dessus d’1 point. Cette tendance est la conjonction de la situation économique des deux pays et des décisions prises par leurs gouvernements respectifs.
De fait, les investisseurs ont déjà cessé de considérer la France et l’Allemagne de la même façon, et ils n’ont pas attendu la dégradation par Standard & Poor’s pour cela. Il n’y a donc aucune raison que cette décision ait un impact brutal sur les taux obligataires français, ni sur les taux de prêt immobilier.
Rien ne dit que les taux d’emprunt d’état vont réellement monter
Les Etats-Unis ont perdu le triple A en août dernier. Y eut-il cataclysme ? Pas du tout ! Le rendement de la dette US a même baissé, les investisseurs renouvelant leur confiance en sa solidité.
Bien entendu, il est difficile de comparer 2 économies structurellement si différentes. Le triple A américain a surtout été victime de l’impossibilité des gouvernants à se mettre d’accord sur une politique financière, alors que la France paie son incapacité à donner des garanties sur la réduction de son déficit. Toutefois, l’exemple américain montre que contrairement aux arguments avancés pour faire passer les plans de rigueur des derniers mois, la note souveraine d’un pays ne préside pas forcément à sa destinée financière.
Augmentation des taux immobilier en vue ?
Nul ne sait comment les taux vont évoluer et tant d’ « experts » se sont si souvent trompés que nous n’allons pas nous hasarder à donner un pronostic. La tendance semble pourtant être à la hausse mais celle-ci ne devrait pas être si importante que cela pour 2 raisons.
La première est qu’en novembre dernier, le taux français à 10 ans se situait aux alentours de 3,80%, contre 3,10% environ aujourd’hui, ces évolutions ayant été lissées par les établissements prêteurs. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les mois qui viennent ?
La seconde est que les OAT 10 ans ne constituent pas le seul taux de refinancement des banques. Elles empruntent aussi à court terme (même pour les taux fixes sur 20 ans et plus) et les taux de la BCE ou l’Euribor restent très bas (autour de 1%).
A moyen terme, on peut tout de même supposer que les taux de prêt immobilier vont augmenter de manière progressive, mais rester dans des limites raisonnables. De plus, cette hypothétique hausse pourrait être contrebalancée par une possible baisse des prix immobiliers. Il est donc encore temps de réaliser vos projets immobiliers pendant que les conditions d’emprunt sont intéressantes. Pour cela, faîtes appel à un courtier en prêt immobilier qui saura vous orienter vers la solution de financement la plus adaptée à votre dossier.
© 2011 Source Cyberpret.com
Les commentaires
Carlito, le 19/01/12 à 18h06
Effectivement, pas de hausse de taux mécanique consécutive à une dégradation d'une agence ... si cela en reste là. Sauf que l'outlook de S la dégradation éventuelle d'autres agences pourraient éventuellement focaliser l'attention des marchés sur la dette Française => attention aux corrections violentes sur les taux qui pourraient s'en suivre. D'autre part il y a beaucoup de facteurs d'incertitudes qui pourraient entrainer l'attention des opérateurs de marchés sur la dette Française ces prochains mois: élection présidentielle, changement éventuel de majorité , etc. Concernant les taux de financement court terme des banques, ils restent bas mais ils sont également très sensibles à la conjoncture et pourraient exploser si la crise de confiance (liquidité) resurgit en cas de "mauvaise nouvelle" concernant les établissements financiers.
=> Conclusion, il ne faut pas juste s'intéresser au niveau du taux d'emprunt : vaut il mieux avoir un taux "faible" pour acheter un bien immobilier "cher" ou attendre qu'un taux plus élevé conjugué à d'autres paramètres (fiscalité moins avantageuse, nouveaux biens sur le marché, etc.) corrige les prix et rendent l'acquisition plus abordable ?







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