Le mythe des banques réticentes à prêter

Depuis quelques semaines certains journalistes et courtiers en prêt immobilier ne tarissent plus d’articles pour expliquer pourquoi et comment les banques mettent un frein au crédit immobilier.
Un décalage avec la réalité ? C’est le moins que l’on puisse dire...

Avec 80 banques partenaires et plus de 400 dossiers envoyés en banque par mois, notre activité de courtier en prêt immobilier nous permet d’avoir une vision globale et précise des évolutions des conditions d’octroi des banques françaises. Que ce soit par les critères qu’elles nous communiquent ou par la réalité des dossiers effectivement acceptés ou refusés sur le terrain, nous constatons que l’alarmisme ambiant n’a fondamentalement pas de raison d’être.

« On ne prête qu’aux riches »

Déjà en 2008, la presse était unanime : le robinet du crédit s’était fermé, entrainant une raréfaction des transactions immobilières alors qu’en réalité, c’était l’inverse qui s’était produit. Entendant chaque jour que les banques ne prêtaient plus et risquaient de déposer le bilan, que l’immobilier allait s’effondrer comme aux Etats-Unis ou en Espagne, les acheteurs avaient pris peur et avaient reporté leurs projets d’achats. Evidemment, il ne s’est passé ni faillites de banques françaises, ni baisse durable des prix de l’immobilier mais maintenant, c’est la même chanson...

Depuis quelques semaines, on peut lire dans la presse (y compris économique) et malheureusement souvent inspiré par des courtiers en mal de notoriété : « les banques réticentes à prêter au-delà de 15 ans », « l’arrêt des prêts à 30 ans, c’est la norme », « Il devient d'ailleurs quasiment impossible d'emprunter sans apport personnel ». Autant d’idées reçues et fausses dans la réalité.
Nous confirmons qu’aujourd’hui, aucune banque n’a arrêté de prêter sur 30 ans et que les financements sans apport personnel sont toujours possibles dans certains établissements. Evidemment la situation économique de la France se tend avec un ralentissement de sa croissance, évidemment les taux de prêt immobilier indexés sur les taux d’Etat à 10 ans ont des chances de monter, évidemment les prix sont au plus haut et entrainés par le renchérissement du crédit des baisses de prix sont inéluctables. Doit-on pour autant tout mettre sur le dos des banques ?

Les banquiers ont toujours tort

Quoi qu’ils fassent, les banquiers ont toujours tort.
Ils prêtent trop facilement ? Alors c’est de leur faute si des ménages se retrouvent surendettés.
Ils durcissent les critères d’obtention des prêts immobiliers ? Alors c’est de leur faute si les emprunteurs ne peuvent plus acheter.
Pourtant, il est difficile de reprocher aux banquiers leurs critères de décision actuels. Ceux-ci restent globalement favorables aux acquéreurs compte tenu du contexte économique et des nouvelles normes de financement mises en place (Bâle III) les obligeants à détenir davantage de fonds propres pour pouvoir prêter. Quelques acteurs du marché, manquants de liquidités et ne pouvant plus prêter autant qu’avant préfèrent se consacrer aux dossiers les moins risqués. Cependant une personne passant par un courtier en crédit immobilier sérieux ou ayant suffisamment de temps et de connaissances financières pour faire le tour des banques par lui-même trouvera une solution de financement comme s’il avait fait ses démarches l’année dernière (qui était une année exceptionnelle en termes de montant de crédits immobiliers débloqués).

Il est possible qu’au cours de l’année 2012, les critères se durcissent davantage notamment en ce qui concerne l’apport personnel et les emprunteurs en situation précaire mais actuellement nous confirmons qu’il est possible d’emprunter sur 30 ans en taux fixe sans apport personnel et jusqu’à 35% d’endettement.

A force de crier au loup, les journalistes et les acteurs du marché du crédit (y compris certains courtiers) finiront un jour par avoir raison. Mais d’ici là que de dégâts dans l’opinion ! Depuis 2005, pratiquement chaque année les « spécialistes » prévoient une baisse des prix immobiliers. Or depuis 2005 les prix ont augmentés de 37% en France. Combien de locataires ont eu peur de passer à l’acte d’achat à cause de cette sinistrose et le regrettent à présent ?


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